Lancé formellement par l’ordonnance n°2018-809 du 24 octobre 2018 et porté par le fonds idoine, le programme « Électricité pour tous » (PEPT) a combiné simplification administrative, facilités de paiement et crédits transformés pour accélérer le déploiement et le raccordement électrique. La visite des délégations voisines à Abidjan, qui a lieu en ce moment du 21 au 23 janvier 2026, a permis à président du Fonds PEPT, Silué Zahalo, d’exposer les réussites de ce programme à ses homologues.
Les chiffres confirment l’avancée, la couverture nationale est passée d’environ 70% en 2018 à près de 97% en 2023 selon la Banque africaine de développement (BAD). Le PEPT a mobilisé des financements innovants qui ont profité en 2025, à environ 2,8 millions de bénéficiaires supplémentaires. La BAD a de son côté annoncé un appui majeur pour la phase II, finançant 400 000 branchements en 2026. Sur le terrain, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) et le Fonds PEPT ont modernisé les procédures d’enregistrement et le service client, réduisant les délais de branchement et favorisant l’inclusion. 35% des bénéficiaires des récents financements PEPT sont en zones rurales. Les autorités et partenaires internationaux mettent en avant le PEPT comme pilier du Pacte national d’énergie et de la Mission 300 de la Banque mondiale.
Un échange au service du développement
Du 21 au 23 janvier 2026, des délégations du Sénégal, du Togo, du Bénin et de la RDC sont à Abidjan pour étudier le modèle ivoirien. Ces pays partagent des défis communs même s’ils doivent adapter le processus selon leurs réalités. Le Sénégal, avec un taux d’accès autour de 84–85% (objectif 100% d’ici 2029), regarde surtout les mécanismes de paiement échelonné et la gestion clientèle. Le Togo, qui a atteint 68% en 2023 grâce au Fonds Tinga et à des mini-projets solaires, s’intéresse aux obligations sociales locales et aux programmes ruraux. Le Bénin, encore à bas niveau de connexion, taux historique autour de 42,6%, songe à renforcer les instruments publics de subvention ciblée et l’électrification rurale. Enfin la RDC, avec un accès inférieur à 25% mais des projets mini-réseaux en perspective, étudie l’articulation entre grands investissements et solutions décentralisées.
Experts et décideurs soulignent toutefois les limites d’une « copie conforme ». Le succès exige des financements en monnaie locale, une régulation claire, des agences opérationnelles et l’adaptation aux densités démographiques. Le PEPT ivoirien fournit une boîte à outils à calibrer selon chaque contexte national. L’échange d’expérience demeure un atout majeur pour le développement régional.
Constantine
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