La COP 30 se déroule dans la ville de Belém au Brésil du 10 au 21 novembre. Les pays africains y arrivent plutôt unis même si, ici ou là, quelques divergences subsistent.
La 30e Conférence internationale des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), aussi appelée « Conference Of Parties » (COP30) débute cette semaine. Un premier tour de chauffe a eu lieu pour les pays africains à l’occasion du deuxième Sommet africain sur le climat qui s’est déroulé à Addis-Abeba (Éthiopie) en septembre dernier. Dans les deux cas, l’enjeu est le même : trouver le financement nécessaire à l’adaptation des pays africains face à un climat qui se réchauffe rapidement. Car les bonnes intentions affichées lors des COP précédentes sont restées sans effet ou presque. La COP 21 en 2015 avait adopté les Accords de Paris avec l’engagement de 195 pays à limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C avant la fin du siècle, sans rendre toutefois l’accord contraignant.
Un enjeu : s’adapter
Depuis 1997, la planète s’est réchauffée d’environ +1°C. Au rythme actuel, les +2°C pourraient être atteints dès 2050. Les pays africains subissent les effets du réchauffement de manière plus prononcée que le reste du monde. En effet, les températures moyennes ont augmenté plus vite sur le continent africain que la moyenne mondiale ces dernières décennies. Les incidents météorologiques extrêmes (inondations, sécheresses…) se succèdent à des rythmes plus élevés, au point de devenir récurrents. Ce réchauffement qui favorise la montée du niveau de la mer menace les zones côtières et les deltas, fragilise les forêts et déstabilise les cycles agricoles, entraînant insécurité alimentaire, hausse des prix et exode rural. Ceci alors même que le continent africain contribue très peu (4 %) aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). A titre de comparaison les vingt pays les plus développés (G20) représentent 80 % des émissions mondiales de GES.
Pour faciliter à la fois l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, le continent africain exige des fonds importants, moins pour l’aider que pour investir dans les transitions. Lors du sommet de Bakou, les pays en développement, parmi lesquels des nombreux pays africains, avaient estimé qu’il fallait entre 1300 milliards et 1600 milliards de dollars (Md$) par an d’ici 2035 pour mettre en œuvre et atteindre ces objectifs. Mais la communauté internationale n’a prévu de signer qu’un chèque de 159 Md$. Un chiffre à comparer avec les prévisions du cabinet McKinsey & Company. Selon lui, la transformation des « actifs physiques » (énergie, infrastructures, etc.) pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 représenterait environ 9 200 Md$ par an en moyenne.
Une voix qui porte ?
Nul doute que les pays africains vont faire entendre leur voix à Belém. Le sommet d’Addis-Abeba de septembre dernier a au moins permis à l’Afrique de venir unis à la COP30 avec une position commune coordonnée à travers le Groupe des négociateurs africains (African Group of Negotiator). Mais chacun vient aussi avec son paquet de revendications qui lui est propre. Le Nigeria a indiqué qu’il souhaitait la mise en place d’un cadre pour les marchés carbones africains. De son côté, le Sénégal qui mise sur des énergies propres et une agriculture résiliente, entend promouvoir le gaz comme « énergie de transition légitime ». Le Ghana qui fait de la lutte contre la déforestation et la gestion des déchets des priorités, défend la valorisation économique du capital naturel africain, c’est-à-dire le paiement pour services écosystémiques (valeur de captation carbone des forêts) comme le demande aussi le Cameroun. Pour le Niger et les pays du Sahel, l’accès à l’eau ainsi que sa gestion de l’eau sont prioritaires pour développer la sécurité alimentaire et développer l’économie locale. La question reste de savoir si la voix du continent africain va porter dans cette conférence qui va réunir 195 pays.
Pour la prochaine COP, Genève et Adélaïde (Australie) se sont portés candidats. Celle de 2027 aura-t-elle lieu en Afrique ? L’Égypte qui a déjà accueilli la COP 27 à Charm el-Cheikh en 2022 pourrait se porter candidate. Le Nigeria est déjà sur les rangs. Ce serait la 6e COP africaine après le Maroc (2001 et 2016), le Kenya (2006), l’Afrique du Sud (2011) et Égypte (2022). Mais au-delà du symbole, le continent africain réclame du concret.
Constantine
Lire l’article original ici.
