Des réquisitions de peine ont été prononcées contre la société QNET AMD SARL, le mardi 3 mars 2026, à l’audience de la 2e Chambre du Pôle pénal économique et financier de Côte d’Ivoire (PPEF-CI).
L’affaire, inscrite au rôle pour les réquisitions du parquet, les demandes de la partie civile et les plaidoiries de la défense, oppose QNET AMD SARL et ses co-accusés au ministère public. Ils sont poursuivis pour escroquerie portant sur des numéraires et blanchiment de capitaux, infractions prévues et punies par les articles 471 et 484 du Code pénal ivoirien.
Avant les réquisitions, le gérant de QNET AMD SARL, B. F., a présenté l’activité de l’entreprise : “QNET exerce dans la vente directe par réseau. Elle est présente en Afrique depuis 10 à 15 ans. Ce type de vente génère 240 milliards de FCFA de chiffre d’affaires dans le monde et 120 millions de personnes s’adonnent à cette activité qui s’appuie sur un système de réseau tentaculaire. C’est une machine formidable qui tourne 24 heures sur 24.”
Interrogé sur la transmission de documents financiers, il a répondu : “Ce n’est pas à moi de fournir ces documents, puisque je ne réponds que de QNET AMD.”
L’État de Côte d’Ivoire réclame 1 milliard de FCFA
L’avocat de l’État a justifié la plainte par plusieurs éléments : des manifestations, la transmission tardive de documents, un changement de dénomination et des soupçons de traite de personnes.
“Ces faits ont été dénoncés parce que le système est incompréhensible. L’escroquerie ici, c’est de faire croire à des personnes qu’elles peuvent obtenir des choses, alors qu’on leur vend du rêve à des prix excessifs, inabordables. Deux décrets ministériels ont été pris pour interdire les activités de QNET en Côte d’Ivoire, le 8 juillet 2020 et le 5 décembre 2022. Mais le comité de veille mis en place en son temps par le ministère de l’Économie et des Finances a constaté que ces activités se poursuivaient. On vend de la chimère, on ne comprend pas, mais on est dans QNET et l’opacité qui entoure cette activité en forme de pyramide de Ponzi est un frein à la stabilité. L’État a subi des préjudices, notamment un manque à gagner fiscal et des détournements d’argent dans des circuits financiers opaques. Pour tous ces préjudices, nous demandons 1 milliard de FCFA.”
Le parquet dénonce un système opaque
Le ministère public a pour sa part insisté sur la commercialisation de produits médicaux dont l’efficacité ne serait pas établie : “QNET entretient le flou, alors qu’elle a reçu d’importantes sommes d’argent. Nous parlons de blanchiment, qui consiste à introduire des fonds issus d’activités illicites dans l’économie nationale, dans une opacité intraçable.”
Le parquet a requis cinq ans d’emprisonnement ferme et 10 millions de FCFA d’amende contre chacun des prévenus, actuellement sous contrôle judiciaire.
La défense plaide la relaxe
Les avocats, dont Me Claude Mentenon, ont sollicité la relaxe de leurs clients. “L’État de Côte d’Ivoire peut être excusable a priori, mais qu’en est-il du parquet ? Je suis renversé, je suis confus. Je ne sais pas où nous en sommes. La vente directe par réseau n’est pas une création de QNET. J’en appelle au discernement du tribunal pour mettre fin à cette subjectivité ambiante et éviter de faire deux poids, deux mesures. Si vous n’aimez pas les activités de QNET, vous ne devez pas non plus aimer celles de Forever, qui existe et mène ses activités en Côte d’Ivoire.”,a plaidé l’avocat.
Le délibéré est attendu pour le 2 avril 2026.
Olivier Dion
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