3:33 pm - 2 février, 2026
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La Cour suprême de Guinée a validé neuf candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain. Le chef de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, a de bonnes chances de l’emporter.

Les dix-sept membres de la Cour de suprême ont reçu pas moins de 51 candidatures pour l’élection présidentielle qui se déroulera le 28 décembre prochain. Seulement neuf ont été qualifiées et validées le 12 novembre dernier car elles répondaient aux critères conformes aux dispositions de la Constitution. Il faut ainsi être de nationalité guinéenne, avoir sa résidence principale en Guinée, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé d’au moins 44 ans et de 80 ans au plus et enfin « être certifié en bonne santé physique et mentale par un collège multidisciplinaire de médecins assermentés constitués par la Cour constitutionnelle ». C’est ce qui explique que quelques figures de la politique guinéenne ont été écartés, notamment l’ancien président Alpha Condé (Rassemblement du Peuple de Guinée-Arc-en-ciel), frappé par la limite d’âge (80 ans). L’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo (Union des Forces Démocratiques de Guinée) est également hors course, en raison de son exil, tout comme son homologue Sidya Touré, lui aussi en exil. Parmi les neuf candidats, on retrouve l’ancien ministre des Affaires étrangères Makalé Camara qui représentera le parti Front pour l’Alliance Nationale (FAN), Faya Lansana Millimouno pour le parti Bloc Libéral (BL) et bien sûr le général Mamadi Doumbouya, chef de la Transition. Celui-ci se présente comme indépendant.

le favori du scrutin et devrait très certainement l’emporter dès le premier tour

 

Un retour à la démocratie ?

Il a dû, à ce titre, obtenir des parrainages et verser une fore caution. Mamadi Doumbouya a obtenu la quasi-totalité des signatures des 368 présidents des délégations spéciales des communes rurales et urbaines du pays pour déposer sa candidature. Il a versé une caution de près de 900 millions de francs guinéens (environ 100 000 dollars) qui lui sera restituée à l’issue du scrutin, à condition qu’il dépasse 5 % des suffrages. Les candidats d’opposition ont dénoncé ce montant « faramineux » qui est presque vingt fois supérieur à ce qui se pratiquait en 2005. A cette époque, la caution ne dépassait jamais 50 millions de francs guinéens. Puis en 2010, le montant a grimpé à 400 millions et à 900 millions après la réforme constitutionnelle adoptée par referendum le 21 septembre dernier par 90 % de suffrages exprimés. Le montant exorbitant opère de facto un tri dans les potentiels candidats. Le général Doumbouya est le favori du scrutin et devrait très certainement l’emporter dès le premier tour le 28 décembre. Il semble tellement sûr du résultat qu’aucun sondage n’a paru à l’heure où ces lignes sont rédigées. Cette présidentielle souhaite marquer le retour à l’ordre constitutionnel rompu par un coup d’État militaire du 5 septembre 2021 et qui a porté au pouvoir le général Mamadi Doumbouya. Depuis cette date, le chef de la Transition a fortement restreint les libertés selon certaines organisations non gouvernementales. Elles pointent notamment des arrestations arbitraires d’opposants et parfois leur disparition, la dissolution et la mise sous surveillance de certains partis, la suspension de médias. Il faudra également veiller aux éventuelles ingérences étrangères pouvant influencer le scrutin. Lors du référendum constitutionnel de septembre, des perturbations d’internet et des réseaux sociaux (notamment le blocage — ou des perturbations — de plateformes comme Telegram ou Facebook) ont été signalées. Environ 6,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes le 28 décembre prochain, sur une population estimée à plus de 14 millions d’habitants.

Constantine



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