Dans une interview exclusive et détaillée, N’DRI Narcisse, ancien pilier du PDCI-RDA et ex proche de feu le président Henri Konan Bédié, brise un silence de plusieurs années. Pour la première fois, il révèle les coulisses des crises internes qui ont secoué le parti, son rôle controversé lors des événements de 2018 et 2020, et les raisons profondes de son adhésion au RHDP.
Ancien directeur de cabinet de Bédié, ex-porte-parole du PDCI et désormais conseiller spécial du gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo, N’DRI Narcisse lève le voile sur des épisodes sensibles de l’histoire politique ivoirienne. Il revient sur les tensions au sein du PDCI concernant l’unification avec le RHDP, son opposition à la création du Conseil National de Transition (CNT), et les conditions de son départ vers la majorité présidentielle. Des confidences qui éclairent d’un jour nouveau les relations entre le président Bédié et le président Ouattara, ainsi que les recompositions en cours.
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Bonjour Monsieur N’DRI Narcisse. Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pourriez-vous vous présenter et nous retracer votre parcours professionnel ?
Merci pour avoir accepté de m’interviewer ce jour et de commencer par cette question essentielle. À l’état civil, je me nomme N’DRI KOUADIO PIERRE NARCISSE. J’ai entamé ma carrière professionnelle en août 1985 en qualité de chargé d’études au Secrétariat Général de la Réforme Administrative, structure appartenant au Ministère de la Fonction Publique. En avril 1986, j’ai été recruté comme chargé d’études au sein de la Direction des Études de la Caisse Autonome d’Amortissement, actuellement dénommée Banque Nationale d’Investissement où j’ai exercé successivement comme chef de service Économie Internationale dès janvier 1987, sous-directeur de la mobilisation de l’épargne et sous-directeur des fonds sociaux et de l’habitat de mars 1993 à fin juin 2000 et enfin chef de département des fonds sociaux et de l’habitat de juillet 2000 à juillet 2001.
J’ai, par la suite, intégré le ministère de l’économie et des finances en qualité de Directeur des Participations et de la Privatisation de juillet 2001 au 06 décembre 2010 et Directeur Général de l’Economie du 07 décembre 2010 au 28 mars 2012,
J’ai, enfin, assumé les charges de Directeur de Cabinet du Premier Ministre, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice du 29 mars 2012 au 29 novembre 2012 et de Conseiller Spécial en charge des Réformes Structurelles au Ministère d’Etat, Ministère de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Formation Professionnelle du 02 mai 2014 au 04 août 2014 et Président du Conseil d’Administration de l’institution de prévoyance sociale-Caisse Nationale d’Assurance Maladie ( IPS-CGRAE) du 05 août 2014 à fin octobre 2018.
Aujourd’hui, j’occupe le poste de Conseiller Spécial du Ministre,Gouverneur du District Autonome d’Abidjan depuis le 02 mai 2024.
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 Comment ce parcours a-t-il été possible ?
Il n’a été possible, au-delà de mon engagement personnel et de ma volonté à servir efficacement la nation ivoirienne, que grâce à la bienveillance et à l’encadrement dont j’ai bénéficié de certaines hautes personnalités de la République et de tous mes supérieurs hiérarchiques.
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 Après cette présentation d’un parcours brillant, on a envie de vous poser aussitôt cette question : Il y a presque trois ans, vous avez choisi d’adhérer au RHDP, quels ont été vos soutiens lors de cette adhésion et quelles étaient vos responsabilités au sein du PDCI-RDA ?
Oui, cela est exact car c’est le 06 février 2023 que j’adhère au RHDP, sous le regard bienveillant du Secrétaire Exécutif du RHDP, Monsieur CISSÉ IBRAHIMA BACONGO et avec le soutien de certaines hautes personnalités du RHDP, particulièrement celui de mon frère aîné, l’ex Président du Sénat et actuel Coordonnateur Principal du RHDP du Bélier, Monsieur AHOUSSOU-KOUADIO JEANNOT.
Ce jour, je voudrais leur rendre, solennellement, un hommage appuyé et aussi à tous ceux qui m’ont assisté et accompagné dans le processus de mon adhésion au RHDP et surtout leur exprimer mon infinie reconnaissance pour m’avoir aidé à faire ce saut qualitatif, plein d’audace et de courage politique.
En effet, au moment où je démissionnais du PDCI-RDA, j’étais Vice-président du PDCI-RDA et j’occupais les fonctions de Président du Conseil de Surveillance de ce parti.
J’ai, également été membre du bureau politique en septembre 2013, ensuite Secrétaire Exécutif chargé des commissions techniques nationales de 2014 à fin 2021, en charge de la supervision et de la conduite des travaux de rédaction du projet de société et du programme de gouvernement de ce parti.
Aussi, voudrais-je rappeler que j’ai assumé dans ce parti trois (3) hautes charges; à savoir:
– délégué départemental du PDCI-RDA de TOUMODI-COMMUNE,
– porte-parole du PDCI-RDA. Cette responsabilité qui met en avant et expose à toutes les critiques lors des grandes déclarations à faire pendant les bureaux politiques
– et surtout la plus haute et noble fonction de Directeur de Cabinet de Son Excellence Feu Henri Konan BEDIÉ, Président du PDCI-RDA et ancien Président de la République de Côte d’Ivoire.
Permettez qu’à ce stade de mes propos, je lui exprime toute ma gratitude et le remercie de la confiance placée en moi pendant l’exercice de mes charges à ses côtés.
Je m’incline respectueusement devant la mémoire de ce Grand Homme qui m’a fait l’honneur de m’intégrer dans les plus hautes instances de ce parti.
Que Son âme repose éternellement en paix !
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Pourquoi avoir pris la décision de quitter le PDCI-RDA avant le décès du Président Henri Konan BEDIÉ et pas après?
Mon départ du PDCI-RDA procède du fait que j’ai fait le triste constat d’une mauvaise gouvernance dans l’application des décisions issues du bureau politique du 29 septembre 2022.
En effet, ce bureau politique avait décidé de la convocation d’un prochain bureau politique devant se tenir au plus tard le 15 décembre 2022, à l’effet de convoquer urgemment le 13eme congrès ordinaire du PDCI-RDA.
Le bureau politique avait formellement décidé que les travaux préparatoires de ce bureau politique, devant convoquer ce Congrès, soient confiés au Conseil de Surveillance du PDCI-RDA que je présidais.
Ainsi, dans le cadre de l’exécution de cette mission que le bureau politique venait de confier au Conseil de Surveillance , nous membres dudit Conseil ( moi-même, KOUAMÉ KOUAKOU LACINA, Secrétaire Général du Conseil de Surveillance, Honorable GOZÉ SEPLÉ BERNARD, membre du Conseil de Surveillance) sommes allés rencontrer, le 03 octobre 2022, à DAOUKRO le Président du PDCI-RDA pour recueillir ses avis et recommandations sur les points à aborder, pour la conduite du prochain bureau politique, conformément aux directives du bureau politique du 29 septembre 2022,
Contre toute attente, le Président Henri Konan BEDIÉ, nous informe que le Comité de Pilotage, mis en place pour la tenue du bureau politique qui venait de s’achever le 29 septembre 2022, va conduire les travaux préparatoires du bureau politique devant se tenir avant le 15 décembre 2022.
Surpris, nous avons dit au Président du parti que c’est le bureau politique qui a demandé au Conseil de Surveillance de conduire les travaux préparatoires de ce prochain bureau politique.
Le Président du PDCI-RDA a renchéri pour dire que confier les travaux préparatoires du prochain bureau politique au Comité de Pilotage et non au Conseil de Surveillance, tel que décidé par le bureau politique, lui créerait moins de problèmes.
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Quelle a donc été votre réaction ?
Nous n’avons pas abdiqué, c’était une responsabilité que le bureau politique avait confiée au Conseil de Surveillance et nous nous devons de veiller à son application jusqu’à ce qu’une décision officielle contraire soit prise et désengage le Conseil de Surveillance devant les instances du parti.
J’ai rencontré pour le compte du Conseil de Surveillance, à nouveau, le Président du PDCI-RDA, le 04 novembre 2022, à Abidjan pour lui présenter et remettre les projets de documents finalisés par le Conseil de Surveillance afférents au prochain bureau politique, pour avis et orientations.
Après avoir félicité et remercié le Conseil de Surveillance pour l’exécution diligente des décisions du bureau politique du 29 septembre 2022 dernier, le Président du PDCI-RDA m’a instruit de prendre l’attache du COMITÉ de veille juridique, présidé par Maître BLESSY CHRYSOSTOME, qu’il venait de recevoir afin que nous soyons situés sur les nouvelles dispositions prises par ses soins pour les prochaines activités du parti.
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Pourquoi avez-vous accepté une décision du Président Henri Konan BEDIÉ, alors que comme vous l’avez dit c’est le bureau politique du PDCI-RDA qui a confié cette mission au Conseil de Surveillance du parti ?
Le Président du parti, selon les statuts, étant un organe, nous nous devons de nous plier à cette instruction.
Ainsi, à la rencontre tenue le 05 novembre 2022 avec le comité de veille, en présence des Maîtres BLESSY CHRYSOSTOME, le bâtonnier ADJÉ LUC et Maître Lynda SANGARE, le porte-parole Maître BLESSY m’a fait savoir qu’il n’y aura plus de bureau politique pour convoquer le 13eme congrès ordinaire du PDCI-RDA, mais plutôt un congrès extraordinaire, en lieu et place de ce bureau politique, pour amender l’article 34 des statuts et élire le nouveau Président du parti et ceux des autres organes.
Il a justifié que cet amendement est rendu nécessaire car le nombre des membres du bureau politique est supérieur à plus de 2000 membres en ce moment, alors que le nombre maximum fixé par les statuts est de quatre cents (400) membres.
Je lui ai répondu que je ne partageais pas cette approche puisque le bureau politique du 29 septembre 2022 nous impose la tenue d’un prochain bureau politique, au plus tard le 15 décembre 2022, pour la convocation régulière d’un congrès ordinaire où tous les points peuvent être abordés, y compris celui des modifications statutaires requises.
Malgré cette précision, il m’a fait savoir que c’est cette décision du comité de veille que le Président du parti a acceptée et qui sera mise en œuvre, avant le 15 décembre 2022, sous la supervision et la conduite du comité de pilotage, présidé par le Vice-Président du PDCI-RDA,le Ministre NIAMIEN N’GORAN.
Sortant de cette rencontre, je suis contacté par le Ministre NIAMIEN N’GORAN qui demande à me rencontrer urgemment de la part du Président du parti.
À cette rencontre, il me fait savoir qu’il est impérieux d’aller à un congrès extraordinaire pour faire élire le Président et que c’est la seule et unique urgence pour éviter qu’un vide ne s’installe durablement à la tête du parti.
Selon lui, toutes les dispositions seront prises pour toutes modifications statutaires lors de ce congrès extraordinaire, dont la date sera fixée, en temps utile par le Président du parti.
En réponse, je lui ai indiqué que je ne m’oppose pas à l’élection du Président à la tête du parti, mais que cette façon de faire viole les textes.
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Quelle a été sa réaction face à cette réponse ?
Il a tout simplement affirmé que c’est la décision qui est en cours d’exécution par le comité de pilotage en liaison avec le comité de veille juridique présidé par Maître BLESSY.
J’ai rendu compte fidèlement au Président Henri Konan BEDIÉ, qui m’a fait savoir qu’il partageait leur option; à savoir celle du comité de veille et du comité de pilotage.
Ainsi, en ce 05 novembre 2022, je venais de constater amèrement la violation des décisions du bureau politique du 29 septembre 2022.
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 Quel a été le dénouement de cette nouvelle orientation prise par ces organes?
Cette violation a conduit à la convocation irrégulière, le 29 novembre 2022 par le communiqué du Président du PDCI-RDA, des membres des instances statutaires du PDCI-RDA au 7ème congrès extraordinaire pour élire le Président du PDCI-RDA, en lieu et place du 13eme Congrès ordinaire, régulièrement et légalement décidé par le 6ème Congrès extraordinaire du 15 octobre 2018.
En résumé, il y’avait là manifestement une double violation :
1- des décisions du 6ème congrès extraordinaire du 15 octobre 2018, exigeant la tenue d’un congrès ordinaire pour le renouvellement de toutes les instances et les organes du parti.
2- des résolutions du bureau politique du 29 septembre 2022, confiant au Conseil de Surveillance la préparation et l’organisation d’un prochain bureau politique, au plus tard le 15 décembre 2022, pour la préparation et la convocation du 13eme congrès ordinaire.
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 Ce congrès extraordinaire a-t-il finalement eu lieu, comme l’ont voulu ces deux organes?
Non, ce congrès extraordinaire n’a jamais eu lieu jusqu’à ce jour.
En effet, suite au communiqué du Président du parti, indiqué plus haut, les organes de préparation et de validation des candidatures n’ont retenu que la seule candidature du Président Henri Konan BEDIÉ à la date du 08 décembre 2022.
Par la suite, une confusion et une contestation du recours à un congrès extraordinaire pour élire le nouveau Président du parti ont vu le jour, au motif qu’il n’y avait pas de circonstances particulières justifiant la convocation d’un congrès extraordinaire, comme ce fut le cas en 1994, avec le décès en décembre 1993 de Son Excellence Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Président de la République et Président du PDCI-RDA.
Cette contestation était, pour ma part, fondée. Elle a été menée par certains responsables du parti, respectueux des textes et des usages du parti.
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Quel est aujourd’hui votre sentiment à l’égard du rôle joué par les responsables de ces deux organes; le comité de pilotage et le comité de veille?
Ils n’ont pas fait preuve de rigueur aussi bien dans la prise de décisions que dans le respect de l’application des textes et des usages, jusque-là observé, dans le fonctionnement du PDCI-RDA.
Ce congrès extraordinaire illégal n’a jamais eu lieu jusqu’au décès et même après le décès du Président Henri Konan BEDIÉ.
Mon constat était définitivement fait sur l’incapacité et le manque de clairvoyance politique de plusieurs personnalités de ces deux organes à œuvrer efficacement à la conduite des activités du parti.
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 Pourtant c’est bien le comité de pilotage qui a conduit les travaux préparatoires du bureau politique du 29 septembre 2022?
À titre d’information, plusieurs personnalités de cet organe ont fait l’objet d’avertissement de la part du Président pour avoir refusé toute collaboration avec le Conseil de Surveillance, avant, pendant et après la tenue du bureau politique du 29 septembre 2022.
En effet, le fameux comité de pilotage n’a pas été à même de produire un projet de discours d’orientation de qualité emportant l’approbation et l’adhésion du Président du parti lors de ce bureau politique.
À ce niveau, je vais trahir un secret et je prie le Président Henri Konan BEDIÉ de me le pardonner.
N’étant pas en charge de la rédaction de ce discours d’orientation de ce bureau politique, tâche revenant au Comité de Pilotage, le Président du Parti m’a instruit de produire urgemment un autre discours d’orientation qui cadre avec les perspectives d’un réexamen de toutes les alliances établies par le Parti.
Oui! Et c’est ce discours d’orientation et les résolutions qui s’y rattachaient que j’ai rédigés qui ont été adoptés par le bureau politique du 29 septembre 2022.
Ces résolutions devaient être examinées au 13eme congrès ordinaire; lequel congrès n’a jamais eu lieu, avant et après mon départ le 06 février 2023 du PDCI-RDA et également avant et après le décès du Président Henri Konan en août 2023, jusqu’à ce jour.
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Vous voulez donc dire que tout était réuni, avant le décès du Président Henri Konan BEDIÉ, pour adhérer au RHDP ?
Oui ! À la date du 06 février 2023, tout était réuni pour que je fasse ce saut qualitatif, car je l’avais exprimé au Président Henri Konan BEDIÉ à travers un document rédigé indiquant qu’il était impérieux pour la reconstitution de la famille politique du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, telle qu’il lui a léguée, d’œuvrer à la création d’un cadre de rapprochement entre le PDCI-RDA et le RHDP, surtout après toutes les péripéties vécues, depuis l’appel de DAOUKRO du 17 septembre 2014, l’échec de l’intégration du PDCI-RDA dans le parti unifié RHDP lors du bureau politique du 17 juin 2018, les événements liés à la désobéissance civile au conseil national de transition, les emprisonnements et la libération de tous les détenus desdits événements et surtout en mémoire de la rencontre majeure à l’hôtel du Golf, le 16 novembre 2020, entre lui et Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République et du RHDP.
Mon adhésion au RHDP a été mûrie et partagée avec le Président Henri Konan BEDIÉ, car le document, évoqué ci-dessus, que nous avons rédigé, à cet effet, Monsieur KOUAMÉ KOUAKOU LACINA et moi-même a été remis par le Président du parti au Secrétaire Exécutif en chef du PDCI-RDA, Monsieur Maurice Kakou GUIKAHUÉ. Celui-ci, pour s’en assurer, m’a appelé pour me dire qu’il était en possession de ce document qui lui a été remis par le Président Henri Konan BEDIÉ et qu’il voudrait que nous l’examinions.
J’ai marqué mon accord.
Je lui ai fait savoir que c’est la seule voie d’avenir pour sauver et pérenniser l’œuvre politique du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY.
Le Secrétaire Exécutif en chef du PDCI-RDA, Maurice Kakou GUIKAHUÉ ne m’a plus jamais relancé pour l’examen de ce document.
Avec le recul, êtes-vous satisfait d’avoir effectué ce changement du vivant du président Bédié ? Ou bien avez-vous des regrets aujourd’hui ?
Je vous répondrai, sans ambages, que je suis un homme pleinement accompli, satisfait et heureux d’avoir fait ce choix du vivant du Président Henri Konan BEDIÉ. Ça été pour moi un grand moment de soulagement, car j’avais anticipé la survenue de tout ce qu’on observe aujourd’hui au sein de ce parti.
Vous savez l’exercice de la politique est un sacerdoce qui nous impose de faire le bon choix au moment opportun pour mieux servir l’intérêt général avec un investissement personnel important.
C’est ce que j’ai fait avec un dévouement total à servir l’intérêt de ce parti et à comprendre l’exigence d’une adhésion, à temps, au RHDP pour la pérennisation de la vision du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, mieux incarnée par le Président Alassane OUATTARA.
Je ne suis pas le cerveau qui a pensé, conçu le mode opératoire de la désobéissance civile, encore moins inspiré la création du CNT.
Pourtant aujourd’hui des rumeurs vous désignent comme ayant été « le cerveau » du Conseil National de Transition (CNT), malgré les révélations que vous venez de faire. Quelle est la vérité sur votre rôle au sein du CNT ?
C’est même extrêmement dangereux de dire cela, fussent-elles des rumeurs.
C’est quoi un cerveau ? Je crois que c’est celui qui pense, émet une idée, la fait triompher et conçoit une stratégie d’exécution et les autres exécutent, sans observation.
Si c’est cela le cerveau, dans le cadre du CNT, je n’ai pas été le cerveau.
Je ne saurais l’être et je ne suis pas celui-là , tel que ces ou des rumeurs désignent comme le cerveau du conseil national de transition .
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Comment pouvez vous convaincre l’opinion que vous n’aviez pas été le cerveau du CNT ?
Sur la création du CNT, je me suis exprimé publiquement, lors d’une séance de travail entre les partis politiques de l’opposition réunis à la résidence du Président Henri Konan BEDIÉ.
Bien ! Heureusement que vous posez cette question directe qui me permet de vous dire ma part de vérité sur cette partie de la vie de notre nation.
En effet, tout commence le soir du 14 septembre 2020 : le Président Henri Konan BEDIÉ est retenu comme candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 par l’arrêt rendu par le Conseil Constitutionnel.
Dans cette veine, pour marquer notre joie et notre engagement à aller à cette élection, la responsable du service de Communication du PDCI-RDA, Madame DJENEBOU ZONGO, Conseillère particulière du Président Henri Konan BEDIÉ m’informe qu’elle vient de faire un post sur le compte Tweeter du Président pour saluer cette décision.
Je l’en félicite, car enfin nous pouvons aller à cette élection que nous avons préparée minutieusement, avec l’élaboration du programme de gouvernement et du projet de société du PDCI-RDA 2020-2025.
Mieux, nous revenions de Yamoussoukro, le 12 septembre 2020, d’où venait d’avoir lieu l’investiture du Président Henri Konan BEDIÉ pour cette élection.
Avant la publication de la liste des candidats, nous étions angoissés par un possible rejet de la candidature du Président du fait de la malencontreuse lettre adressée, hors délai légal, au Conseil Constitutionnel sollicitant un accord dudit conseil pour accéder à sa demande de ne pas être membre de ce Conseil, à l’effet de pouvoir jouir de son droit d’être candidat à l’élection présidentielle.
Au cours de cette période, tous ceux dont les candidatures ont été rejetées ont rendu visite au Président Henri Konan BEDIÉ.
Nous étions loin de nous imaginer que certains partis politiques membres de la CDRP, coalition dont le PDCI-RDA est membre, y compris ceux dont les candidats n’ont pas été retenus allaient exiger le retrait de la candidature du Président de la République Alassane OUATTARA et demander l’inscription du Président Laurent GBAGBO et du Premier Ministre Guillaume SORO sur la liste électorale, le maintien de la candidature de tous les opposants et ceux qui ont été exclus de la liste des candidats ; à défaut s’opposer à la tenue de ce scrutin présidentiel.
C’est ainsi que certains de ces partis, y compris le PDCI-RDA, par les actions menées sur le terrain vont entamer les manifestations dites de désobéissance civile qui a été lancée par le Président Henri Konan BEDIÉ le 20 septembre 2020 au siège du PDCI-RDA.
Vous comprenez bien que je ne suis pas le cerveau qui a pensé, conçu le mode opératoire de la désobéissance civile, encore moins inspiré la création du CNT.
C’est cette désobéissance civile qui s’est muée plus tard en conseil national de transition vers la fin du mois d’octobre 2020, après plusieurs longues rencontres entre les partis politiques de l’opposition engagés à empêcher la tenue de l’élection présidentielle et à obtenir le report de celle-ci, avec comme objectif, à terme, la participation de tous à l’élection présidentielle.
Pouvez-vous nous raconter de manière factuelle comment se sont réellement passés les événements de cette période?
Cette question est bien venue pour que j’affirme, à nouveau, que n’étant pas le cerveau de ces événements je suis dans l’incapacité de raconter de manière factuelle les éléments de cette période. Pour ce qui est de la désobéissance civile, je ne me souviens pas que cela ait été décidé au cours d’une rencontre officielle entre les partis politiques de l’opposition.
Il était plutôt convenu de la tenue d’une cérémonie officielle de déclaration publique des partis politiques de l’opposition pour exprimer leur mécontentement et appeler à des manifestations de protestation contre ce qu’ils considéraient comme un troisième mandat illégal du Président de la République sortant, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA.
Aujourd’hui, j’ai encore en mémoire les tristes et douloureux événements vécus par beaucoup de nos concitoyens et concitoyennes qui pour certains ont perdu des êtres chers qui pour d’autres sont marqués à vie par des handicaps physiques.
Cette page noire de la vie de notre pays ne doit plus se reproduire.
Considérez-vous avoir été, en fin de compte, une victime des intrigues politiques de l’époque ?
Après coup, s’il est avéré que certaines personnes font circuler de telles rumeurs, je pourrais le penser dès lors que je suis resté plus longtemps en détention que tous ceux qui ont été mis aux arrêts, le 03 novembre 2020, à la résidence du Président Henri Konan BEDIÉ.
Ces arrestations sont intervenues après l’annonce faite de la création du CNT, le 02 novembre 2020, par le Président du FPI, PASCAL AFFI N’GUESSAN, pour le compte des partis politiques de l’opposition.
Justement, ces accusations sont-elles à la base des difficultés ou retards que vous auriez pu rencontrer par la suite, par exemple concernant une mise en liberté ?
Je n’ai vraisemblablement, jusqu’à la date d’aujourd’hui, aucune idée. J’ignore l’identité de ceux ou de celles, s’ils existent, qui m’auraient accusé d’être le cerveau de la désobéissance civile et du CNT. Je voudrais, vivement les connaître et souhaite qu’ils viennent me confondre publiquement.
Ce que je souhaiterais que l’opinion publique nationale et internationale retienne, pour la postérité, c’est que j’ai marqué mon opposition, devant des personnes réunies au cours d’une séance de travail, au recours à la désobéissance civile et à la création du CNT.
En ce qui concerne la désobéissance civile, je voudrais indiquer que j’ai été appelé, le 20 septembre 2020 aux environs de 14h00, par la Conseillère Particulière du Président Henri Konan BEDIÉ qui me demandait de venir urgemment car le Président venait d’introduire, dans la conclusion du projet de son intervention, une expression que personne ne comprend, y compris le Secrétaire Exécutif en chef du parti Maurice Kakou GUIKAHUÉ et d’autres personnalités du parti, les Vice-Présidents du PDCI-RDA que sont Feu le Général OUASSENAN KONÉ et le Ministre Constant BOMBET.
Toutes ces personnalités, selon ce qu’elle m’a fait savoir, n’ont pas réussi à le convaincre d’éviter l’usage de cette expression de désobéissance civile.
Toute affaire cessante, j’arrive à la résidence du Président Henri Konan BEDIÉ et je m’empresse à relire le texte et je découvre, avec stupéfaction, dans la conclusion du projet de déclaration l’expression dite de «désobéissance civile » qui ne figurait pas dans la version qui lui avait été transmise antérieurement par nos soins, le Secrétaire Exécutif en chef du parti, moi-même, l’assistante et conseillère particulière du Président Henri Konan BEDIÉ.
Autorisé à échanger au téléphone avec le Président, en présence du Secrétaire Exécutif en chef, de la Conseillère Particulière du Président et de YAPI Parfait, neveu et collaborateur du Président, je lui ai dit respectueusement qu’en sa qualité de protecteur du Prix Félix HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX, prix protégé par l’UNESCO, il ne peut prononcer une telle expression qui pourrait conduire au désordre public.
Immédiatement le Président a demandé que cette expression soit supprimée de son intervention.
Ayant obtenu cette décision de dernière minute du Président, nous étions tous soulagés.
Hélas!!! Notre joie a été de courte durée, car, contre toute attente, le Président a lancé publiquement la désobéissance dans son intervention publique de ce 20 septembre 2020 au siège du PDCI-RDA.
Tous, au niveau du PDCI-RDA, en charge de la rédaction des interventions officielles du Président ne savions pas d’où venait cette idée de désobéissance civile.
C’est cette désobéissance civile dont j’ignore, jusqu’à aujourd’hui, le bien-fondé   que certaines personnes malintentionnées, voudraient que je sois, à tout prix, le cerveau.
Je les laisse à leur élucubration et surtout à leur volonté manifeste de nuire aux autres, par jalousie, dans leur quête d’ambition personnelle en cachant leurs jeux.
Tôt ou tard, ils seront découverts et seront incapables de reconnaître leurs propos pleins de mensonges et de haine.
Qu’en est-il exactement de l’accusation disant que vous êtes le cerveau du CNT?
Comme vous insistez, je vais vous répondre avec exactitude, afin que nul n’en ignore, pour que ces accusations cessent à jamais.
En ce qui concerne le CNT, que le Président Henri Konan BEDIÉ, de là où il se trouve, me pardonne cet instant de parole qui s’impose à moi pour répondre à toutes les accusations me présentant comme le cerveau de ce CNT.
L’idée du Conseil National de Transition (CNT) a été lancée par une dame, bien connue dans le paysage politique ivoirien, au cours d’une rencontre tenue, le mardi 27 octobre 2020 à 11h30, à la résidence du Président Henri Konan BEDIÉ. Selon elle, le CNT, une sorte d’organe de pouvoir d’état, sous la forme d’un gouvernement de transition, avec un Président désigné agissant en qualité de Chef de l’État, devrait être mis en place au plus tard le 03 novembre 2020, afin que le résultat de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 soit frappé de nullité et non reconnu par la Communauté internationale.
Ainsi, cette institution de transition bénéficierait, selon elle, du soutien de l’armée et des populations pour préparer de nouvelles élections.
Après l’intervention de cette dame et celle des autres participants, qui n’ont pas contesté cette idée, le Président Henri Konan BEDIÉ m’a passé la parole, en disant : «Narcisse, comme il aimait à m’appeler affectueusement dans les réunions officielles, quelle est ton opinion ?
J’ai répondu respectueusement ceci : « Monsieur le Président, je ne soutiens pas l’idée de la création du CNT pour plusieurs raisons :
1- la désobéissance civile a été un échec, suivie de beaucoup de morts et de blessés et la population ne s’est pas mobilisée sur toute l’étendue du territoire national,
2- le CNT n’aura pas le soutien de l’armée et des forces de police et de gendarmerie,
3- le CNT n’aura pas également le soutien des chancelleries présentes en Côte d’Ivoire.
Nous nous exposons à des poursuites et des arrestations et nos vies seront menacées, car le CNT c’est un coup d’État, Monsieur le Président.
Je l’ai dit de façon claire et nette devant tout le monde. Le Président savait pourquoi il me donnait la parole. Il savait que je n’allais pas dire autre chose, si ce n’est que ce que je perçois comme juste, bon et non risqué pour un homme politique de sa trempe dans l’exercice de ses charges publiques au niveau national, avec des implications au niveau international.
Après mon intervention, Monsieur ASSOA ADOU a repris la parole pour dire au Président Henri Konan BEDIÉ qu’il partage ma position et que lui et son organisation EDS ne soutiennent pas la création du CNT. Voilà un élément factuel qui démontre que Monsieur N’DRI NARCISSE n’était pas le cerveau du CNT.
Un rôle central dans les événements de juin 2018 concernant l’ex-Vice-Président Duncan et des ministres pro-RHDP.
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Malgré toutes ces révélations qui pourraient être contrariées si elles ne reflètent pas la réalité ,comment expliquez-vous que vous ayez été perçu comme un homme si influent, au point d’être qualifié de « cerveau » ? Cela tenait-il à la confiance particulière que vous portait le président Bédié ?
Tous, nous le savons, le Président Henri Konan BEDIÉ est un homme politique d’exception, un homme d’Etat d’envergure internationale, doté d’une grande intelligence et très cultivé dans les domaines des arts, de la culture, de la littérature classique, des sciences politiques, économiques sociales, humaines. Je le dis, car j’ai eu la chance d’avoir appris beaucoup de choses à ses côtés; le silence, la pondération et le respect des autres et ne jamais parler des autres en leur absence, sauf pour dire des choses vraies et justes.
Aussi, c’est un homme et comme tout le monde il a le sens de l’humour et des blagues dignes de la noblesse.
Tel que je viens de vous décrire le Président Henri Konan BEDIÉ, comment peut-on avoir avoir la chance d’être écouté par ce grand homme, si ce n’est que si vous êtes un homme honnête, franc et objectif dans toutes vos analyses; en un mot ne jamais chercher à lui mentir.
Je crois, humblement, sans risque de me tromper, que c’est cela qui donnait le sentiment à l’opinion que j’étais un homme influent auprès du Président Henri Konan BEDIÉ. J’avais fait le choix de ne jamais lui cacher mes sentiments personnels sur tout sujet et surtout de lui communiquer ma perception de chaque événement qui se présentait.
En retour, de vous à moi, comment pouvait-il ne pas me faire confiance?
Oui le Président Henri Konan BEDIÉ me faisait confiance et j’ai veillé à ce que cette confiance demeure et elle a demeuré jusqu’à mon départ du PDCI-RDA; qui du reste ne l’a pas surpris, car comme je l’ai dit plus haut, je lui avais adressé une note confidentielle pour des perspectives meilleures pour le PDCI-RDA.
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Au-delà du CNT, on vous prête également un rôle central dans les événements de juin 2018 concernant l’ex-Vice-Président Duncan et des ministres pro-RHDP. Que s’est-il exactement passé ce 17 juin 2018 et quel fut votre rôle ?
Je vous remercie de me poser cette question, environ huit ans après les faits. Quel souvenir, ce bureau politique ! Oui, j’y ai joué un rôle central à priori parce que porte-parole du PDCI-RDA. Je ne pouvais pas échapper à mon destin et je me devais de porter la parole du PDCI-RDA. Mais ce jour, c’était différent compte tenu du contexte et des enjeux.
Voici le récit de cette chaude journée du bureau politique du 17 juin 2018. Ce Bureau Politique s’est tenu pour que le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement Démocratique Africain, PDCI-RDA, donne sa position sur la création du Parti unifié, le Rassemblement des Houphouetistes Pour la Démocratie et la Paix ( RHDP).
Compte tenu du caractère particulier et de la complexité de l’ordre du jour, le Président du parti a sollicité mon avis sur la méthodologie à adopter pour soumettre au bureau politique les textes du parti unifié.
J’ai suggéré qu’il serait plus commode que je fasse, en ma qualité de rapporteur du parti des travaux du comité de Haut Niveau, un compte-rendu sur les points clés des décisions desdits travaux , suivi de la lecture du projet des résolutions à soumettre à l’examen et à l’adoption des membres du bureau politique.
Le Président a accepté cette proposition et m’a instruit de rédiger ce rapport et le projet de résolutions allant dans le sens de ce que le comité restreint du Secrétariat Exécutif du PDCI avait adopté, précédemment, sous son autorité et sa présence à DAOUKRO, avec la participation du Ministre SIANDOU FOFANA qui assistait le Président Henri Konan BEDIÉ.
Les personnalités du parti qui étaient présentes à DAOUKRO, constituant ce comité restreint du Secrétariat Exécutif du PDCI-RDA et qui ont adopté le projet des résolutions du bureau politique du 17 juin 2018 sont :
1- Monsieur Maurice Kakou GUIKAHUÉ, Secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA,
2- Monsieur SERI BI N’GUESSAN Privat,
3- Monsieur N’ZI ASSAMOI DESIRÉ,
4- Madame AMINATA N’DIAYE,
5- et Monsieur N’DRI KOUADIO PIERRE NARCISSE.
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Pourquoi le Président Henri Konan BEDIÉ a fait prendre toutes ces dispositions avant la tenue du bureau politique du 17 juin 2018 ?
La prise de ces dispositions avait pour objectif de faciliter la bonne conduite du bureau politique par la préparation et l’examen efficace des conclusions des travaux du Comité de Haut Niveau du parti unifié RHDP.
En effet, cette approche méthodologique proposée et adoptée par le Président du parti, pour rendre compte des résultats des travaux du comité de Haut Niveau, devait permettre au Président Henri Konan BEDIÉ d’avoir une position de neutralité et d’orientation de décisions, en sa qualité de Président du parti, sur les points à examiner du début jusqu’à la fin des débats du bureau politique.
Aussi, voudrais-je rappeler que cette approche déroge aux dispositions habituellement en vigueur pour la conduite des travaux d’un bureau politique qui imposent au Président du parti de prononcer un discours d’orientation, conformément à l’article 39 des statuts du PDCI-RDA qui stipule que le Président inspire et conduit la politique du parti.
C’est fort de cette instruction que j’ai rédigé ledit rapport et préparé un projet de communiqué final du bureau politique sur la base du projet des résolutions adoptées à DAOUKRO que le Président Henri Konan BEDIÉ a validé avant la tenue dudit bureau politique.
Ce projet de résolutions a été rendu conforme à l’esprit et à la lettre de l’accord politique du 12 avril 2018 signé par tous les Présidents des partis politiques membres du groupement RHDP.
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 Est-ce que cette approche a emporté l’adhésion du bureau politique avant l’ouverture des travaux ?
Tout à fait ! cette approche méthodologique, adoptée par le Président Henri Konan BEDIÉ, a inspiré le projet de déroulé du bureau politique du 17 juin 2018.
À l’ouverture de ce bureau politique, le Président du parti a respecté cette démarche méthodologique en soumettant ledit déroulé à l’approbation du bureau politique qui l’a adopté.
C’est ainsi qu’abordant le 5eme point de l’ordre du jour, le Président du parti m’a donné la parole pour faire le compte-rendu des travaux du Comité de Haut Niveau, lequel compte-rendu s’est articulé en deux parties; à savoir :
– l’accord politique du RHDP, portant création du parti unifié RHDP,
– les dispositions transitoires du projet des statuts du parti unifié.
J’ai conclu ma présentation en indiquant que :
1- les travaux du Comité ont été sanctionnés par un relevé des conclusions, joint à ma communication, qui a été validé dans la soirée du 15 mars 2018, lors de la toute dernière réunion du Comité de Haut Niveau, tenue en la résidence de Son Excellence Daniel Kablan DUNCAN, Vice-président de la République, Vice-président du PDCI-RDA, Co-Président du Comité de Haut Niveau et Chef de la délégation du PDCI-RDA au Comité de Haut Niveau.
2- les membres du bureau politique et les membres du Comité de Haut Niveau me chargent de transmettre leurs infinies gratitudes et félicitations à Son Excellence, Monsieur Henri Konan BEDIÉ, Président du PDCI-RDA, Président du Présidium du RHDP pour la disponibilité, dont il a fait preuve dans le suivi méthodique et l’orientation pertinente donnée dans la conduite des Travaux au cours des deux réunions tenues sous son autorité.
Enfin, j’ai indiqué que les membres du Comité de Haut Niveau réitèrent leur indéfectible attachement au Président du parti dans la conduite de la mise en œuvre du projet dit de parti unifié RHDP.
Sur ce j’ai remercié les membres du bureau politique pour leur aimable attention.
Jusqu’à ce que j’achève mon intervention aucune contestation n’a été entendue dans la salle du bureau politique.
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D’où vient qu’une certaine opinion vous accuse d’avoir fait huer certaines personnalités du parti, dont le Vice-Président du parti, ex Vice-Président de la République, DANIEL KABLAN DUNCAN et bien d’autres membres du bureau politique Pro-RHDP?
Je vous remercie pour la précision de votre question et la clarification attendue qui vont me permettre de mettre définitivement fin à ces accusations infondées et qui souillent ma réputation.
Comme je viens de l’indiquer, je répète que durant ma prise de parole et même à la fin, la salle du bureau politique est restée attentive et il n’y a eu aucun brouhaha!
À ma suite, conformément au déroulé, le Président du parti n’a pas eu le temps de s’exprimer et d’introduire le point suivant relatif à la lecture que je devais donner du projet de résolutions, à l’effet de les soumettre au bureau politique pour les débats entre les membres du Bureau Politique.
En effet, le Président Henri Konan BEDIÉ, Président du parti a été interrompu par le Vice-Président de la République et Vice-présidente du PDCI-RDA, Son Excellence Monsieur DANIEL KABLAN DUNCAN qui voulait s’exprimer, à tout prix, avant que le porte-parole, que je suis, ne reprenne la parole.
Sans autorisation du Président du parti, il m’a rejoint au pupitre.
Il a pris le micro et a dit qu’il n’apprécie pas que j’ai fait le compte-rendu des travaux du Comité de Haut Niveau sans son avis, en sa qualité de chef de délégation du parti dans le Comité de Haut Niveau.
Sur ce point, le Président du parti lui a répondu que je l’ai fait à sa demande personnelle.
Le Président du parti l’a invité à nouveau à regagner son siège et de me laisser donner lecture du projet des résolutions à soumettre au bureau politique pour débats.
Le Vice-Président du PDCI-RDA et Vice-Président de la République a poursuivi son intervention en indiquant aux membres du bureau politique que je n’ai pas porté à leur connaissance qu’il a été décidé, dans les conclusions des travaux du Comité de Haut Niveau, que la question de l’alternance est désormais réservée aux seuls Présidents Henri Konan BÉDIÉ du PDCI-RDA et Alassane OUATTARA, Président de la République et Président du RDR.
Le Vice-Président Daniel KABLAN DUNCAN, n’eut pas le temps d’achever ses propos qu’une vague de protestations et de contestation s’est emparée de la salle du bureau politique, devenue incontrôlable.
C’est dans un désordre total dans la salle qu’il a regagné sa place.
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Quelle a été la suite ?
Plusieurs intervenants se sont succédé, sans succès, pour tenter d’expliquer l’opportunité de décider, séance tenante, de l’adoption des textes du parti unifié RHDP, vu l’urgence de sa création car les autres partis politiques, membres du groupement politique RHDP, ont tenu leur congrès d’adoption desdits textes.
Les personnalités qui sont intervenues pour suggérer l’adoption des textes par le bureau politique sont :
– AHOUSSOU KOUADIO JEANNOT,
– ACHY PATRICK JÉRÔME,
– KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI .
– et Feu DIBY KOFFI CHARLES, qui par contre n’a pu s’exprimer car la salle était surchauffée.
D’autres cadres du parti ont pris la parole pour s’opposer à l’adoption des textes en l’état tant que la question de l’alternance n’est pas clarifiée par tous les partis membres du Groupement politique RHDP.
À chacune de leurs interventions, la salle était surchauffée.
C’est dans ces conditions que le Président Henri Konan BEDIÉ, Président du Parti a annoncé la suspension des travaux pour que le calme revienne pour la reprise des travaux.
Ainsi, au cours de cette période de suspension de séance, non prévue dans le déroulé, un nouveau comité de rédaction de projet de résolutions a été mis en place pour réexaminer et réécrire le premier projet de résolutions que je n’ai pas pu lire comme prévu par le déroulé,
Certains membres du bureau politique ont exigé la réécriture du projet des résolutions suite à l’information donnée par le Vice-President Daniel KABLAN DUNCAN, selon laquelle le Comité de Haut Niveau s’est dessaisi de la question de l’alternance pour la confier aux bons soins des Présidents Henri Konan BEDIÉ et Alassane OUATTARA.
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Quels étaient les points majeurs de ce premier projet de résolutions que vous n’avez pas pu lire, en raison de la suspension de séance des travaux du bureau politique ?
Le Premier projet de résolutions, adopté à DAOUKRO par le secrétariat exécutif restreint, qui devait être lu et soumis à l’examen du bureau politique, disait en substance quatre (4) choses importantes:
1- le bureau politique du PDCI-RDA endosse l’accord politique signé le 12 avril 2018 par les Présidents des partis politiques membres du RHDP,
2- le bureau politique du PDCI-RDA prend acte des statuts et règlement du parti unifié RHDP, tels que validés par le Comité de Haut Niveau et décide de soumettre ces documents à l’examen du prochain Congrès ordinaire du PDCI-RDA, devant se tenir en octobre 2018 qui est la date du 13eme congrès du PDCI-RDA,
3- le bureau politique du PDCI-RDA donne, cependant, mandat au Président du parti de poursuivre les négociations dans le cadre du RHDP, et ce à toutes les étapes du processus de mise en œuvre du parti unifié RHDP,
4- le bureau politique du PDCI-RDA encourage le Président Henri Konan BEDIÉ et les instances du parti à poursuivre la finalisation de la mise en œuvre du RHDP qui sera effective à l’issue d’un Congrès constitutif au terme d’une période transitoire de 12 à 18 mois.
Cette période devant permettre aux partis membres du RHDP de renforcer leur cohésion et de régler, de façon consensuelle, les difficultés éventuelles auxquelles ils seraient confrontés.
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Quelle était, par contre, la substance du projet de résolutions réécrit pendant la période de suspension de séance?
Le projet de résolutions révisé pendant la période de suspension de séance du bureau politique a rajouté d’autres points qui renvoient l’examen de l’opportunité de la création du parti au cours du prochain 13eme congrès du PDCI-RDA, dont la date se situerait, non plus en octobre 2018, mais désormais après l’élection présidentielle d’octobre 2020.
Une telle disposition n’était plus conforme aux termes des dispositions transitoires prévues dans les statuts du parti unifié RHDP qui prévoyaient 12 à 18 mois, c’est-à -dire du 12 avril 2018 ( date de la signature de l’accord politique) à octobre 2019, fin des dix-huit (18) mois de la période transitoire.
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 Dès lors que le bureau politique du PDCI-RDA n’a pas conclu à la convocation d’un congrès pour l’adoption des textes du parti unifié RHDP, comment pourrait-on justifier la présence de certaines personnalités du PDCI-RDA à l’Assemblée générale constitutive du parti unifié RHDP tenue le 16 juillet 2018 ?
Pour montrer et marquer son engagement à œuvrer à la création du parti unifié RHDP, le Président du PDCI-RDA a, effectivement, dépêché trois (3) observateurs pour représenter le PDCI-RDA lors de l’assemblée générale constitutive du parti unifié RHDP tenue, le 16 juillet 2018, à Abidjan au Sofitel Hôtel Ivoire, en réponse au courrier d’invitation qui lui a été adressé par Madame Henriette DAGRI DIABATÉ, Présidente du RDR.
Les personnalités du PDCI-RDA désignées pour agir en cette qualité sont :
– Monsieur DIBY KOFFI CHARLES, Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel,
– Monsieur ACHI PATRICK, Secrétaire Général de la Présidence de la République,
– Monsieur Siandou FOFANA, Ministre du Tourisme et des Loisirs.
En conclusion, lors des travaux du bureau du 17 juin 2018, vous vous rendez bien compte que Monsieur N’DRI NARCISSE n’a fait huer personne et plus précisément les personnalités ou cadres du PDCI-RDA qui ont pris la parole lors de ce bureau politique.
Aucun membre du bureau politique du PDCI-RDA, présent ce jour, ne peut affirmer que Monsieur N’DRI NARCISSE a fait huer qui que ce soit lors de ce bureau politique.
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 En observant l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, pensez-vous que le destin politique du pays aurait pu prendre un autre chemin si le calme avait pu être maintenu ?
Bien sûr! Si j’ai bien compris le sens de votre question. Si la finalisation de la création du parti unifié RHDP avait été effective à bonne date, comme l’avait souhaité le Président Henri Konan BEDIÉ le 17 septembre 2014, aujourd’hui nous aurions pu consolider la reconstitution de la famille politique du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY.
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 Comment qualifieriez-vous la nature des relations entre les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, par la suite ?
Des relations d’amour fraternel, avec un respect mutuel de l’un vis-à -vis de l’autre.
Ce sont des êtres humains, comme vous et moi, mais à la seule différence que ce sont des hommes d’État investis de la plus haute et noble responsabilité de faire de leurs concitoyens et concitoyennes des hommes et des femmes heureux, en toute circonstance.
C’est dans ce sens qu’il ne faut jamais cesser de saluer leur intelligence et leur courage politique car ils ont démontré leur capacité à dépasser leurs divergences pour nous offrir le 18 mai 2005 à Paris, nous les adeptes de l’houphouetisme, le groupement politique RHDP, qui est aujourd’hui le plus grand parti politique de Côte d’Ivoire.
Ils ont vu juste. Que les successeurs du Président Henri Konan BEDIÉ sachent s’en souvenir et fassent le saut qualitatif pour se rapprocher du RHDP pour le bonheur de leurs militants et des ivoiriens épris de paix, d’amour et de stabilité pour notre beau pays.
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 Au sein du RHDP, sentez-vous que certains militants vous tiennent encore rigueur de votre long passé au PDCI ?
Non! Pas du tout. Un passé, il faut toujours l’assumer et vivre avec, tout en cultivant de bonnes et respectueuses relations avec de nouvelles personnes qui finiront par vous connaître véritablement et vous aimer! Pourquoi pas ? Pour vous dire, j’entretiens de bonnes relations avec tout le monde au RHDP.
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 Quel est votre regard sur la gestion actuelle du PDCI-RDA dans l’ère de l’après-Bédié ?
Je suis désormais au RHDP et donc toute analyse de ma part sur la gestion actuelle du PDCI-RDA peut valoir recettes de solutions de sortie de crise. Telle n’est plus ma mission. Tout ce que je peux dire c’est d’inviter tous les responsables et membres des instances du PDCI-RDA à travailler dans le sens du rapprochement avec le RHDP, comme l’a suggéré, entre les lignes, Feu le Président Henri Konan BEDIÉ dans son dernier discours d’orientation prononcé lors du bureau politique en date du 29 septembre 2022.
C’est juste un conseil !
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Vous occupez aujourd’hui une fonction au cabinet du ministre, gouverneur Ibrahima Cissé Bacongo. Comment se déroule cette collaboration et quelle en est la philosophie ?
C’est vrai, depuis sa nomination en qualité de Ministre, Gouverneur du District Autonome d’Abidjan, il m’a fait l’honneur de m’appeler à ses côtés et m’a nommé au poste de Conseiller Spécial.
Vous voyez bien que, malgré mon long passé au PDCI-RDA, le Secrétaire Exécutif du RHDP, le plus grand parti politique de Côte d’Ivoire, s’est plu à m’engager à ses côtés pour être un acteur de la lutte pour la restauration de l’ordre urbain, tâche immensément noble dans la recherche du mieux vivre et de l’embellissement du territoire du District Autonome d’Abidjan.
Je profite de cette question pour lui exprimer, devant les hommes et devant Dieu, mon infinie reconnaissance et aussi le prier de bien vouloir transmettre ma profonde gratitude et mes respectueux hommages à Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République qui permet que je sois à ce poste de Conseiller Spécial du Ministre, Gouverneur du District Autonome d’Abidjan.
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Pouvez-vous nous décrire vos missions et responsabilités précises à ses côtés ?
Je suis au service du Ministre, Gouverneur. Je fais partie de son agenda de travail au quotidien sur les sujets qu’il juge importants et opportuns de me confier.
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Quelle analyse globale faites-vous de la gouvernance et du projet de société du président Alassane Ouattara ?
Comme tout ivoirien, doté de bon sens et qui a occupé de haute responsabilité dans la chaîne de commandement de l’État, je ne peux que me réjouir du succès des politiques publiques engagées par Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République, depuis novembre 2010, étant à l’hôtel du golf, à ce jour.
En un mot, champion de la Macroéconomie, tel qu’il a démontré dans les plus hautes fonctions assumées au Fonds Monétaire International, il ne pouvait que réussir le pari de faire de notre pays un modèle de développement économique et durable comme les grandes nations; d’où sa vision éclairée de la recherche et de l’atteinte de l’objectif de réaliser une Grande Côte d’Ivoire; conformément au projet de société et programme de gouvernement du RHDP.
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Justement si vous aviez l’opportunité de rencontrer le président de la République, quel message principal souhaiteriez-vous lui adresser ?
Ça c’est la meilleure des questions Messieurs les Journalistes!Tous les jours que Dieu fait, tout être rêve d’être entendu par celui ou celle en qui le peuple a placé sa confiance et sa souveraineté; c’est le Président de la République. Un seul message : Infiniment MERCI Monsieur le Président de la République d’avoir donné une suite favorable à mon courrier que j’ai adressé à votre Haute Attention, le 31 janvier 2021, étant encore en détention à la MACA, grâce à l’esprit de fraternité et aux bons soins de mon frère aîné, l’ex Président du Sénat, AHOUSSOU-KOUADIO JEANNOT.
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Merci, Monsieur N’DRI Narcisse, pour le temps que vous nous avez accordé. Avez-vous un message particulier que nous n’avez pas délivré ?
Je voudrais vous remercier, chers frères et sœurs , de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur des sujets de grand intérêt de la vie de notre nation au cours de ces dix (10) dernières années. Mille fois Merci, Vous avez réussi, par la pertinence de vos questions, à me faire sortir du silence! Que Dieu vous bénisse et garde précieusement notre peuple et accorde la divine protection au Président de la République de Côte d’Ivoire.
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Interview réalisée par Wakili Alafé
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