La découverte en mai dernier d’un possible gisement de lithium en République de Côte d’Ivoire (RCI) pourrait faire entrer ce pays parmi les grands producteurs de ce minerai sur le continent africain. Mais l’opérateur australien, Atlantic Lithium, cherche des partenaires pour exploiter les deux sites identifiés.
Les derniers échantillons prélevés fin octobre par Atlantic Lithium sont prometteurs car ils viennent confirmer les « anomalies géologiques » répertoriées en mai dernier sur les sites de d’Agboville et de Rubino au Nord ouest d’Abidjan. Ils contiennent des pegmatites riches en spodumène, un minéral clé dans la production de lithium. Sur le seul site de Rubino, la superficie de cette « anomalie » s’étendrait sur une superficie de « 2,5 km sur 6 km » et sur une « ligne de 5 km » à Agboville ont indiqué les responsables australiens. Les phases d’exploration sont sur le point de s’achever et elles pourraient conduire à l’identification des premières cibles de forage. L’entreprise australienne prévoit de s’appuyer sur son expérience au Ghana, où elle développe actuellement la première mine de lithium du pays, un projet estimé à 3,6 millions de tonnes de concentré de spodumène (le minéral porteur du lithium) sur une période de 12 ans.
Des projets au long cours
Ce gisement prometteur pourrait placer la RCI parmi les premiers pays producteurs et peut-être dans le futur, exportateurs d’Afrique. Aujourd’hui, le marché africain du lithium est dominé par le Zimbabwe qui, avec 3400 tonnes produites par an, trône à la septième place mondiale très loin derrière l’Australie (50 % de la production mondiale), la Bolivie, le Chili et l’Argentine. Avec l’exploitation des mines d’Agboville et de Rubino, la RCI pourrait jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale, en fournissant un métal devenu essentiel à la fabrication des batteries et des véhicules électriques. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et malgré les découvertes des gisements, les volumes attendus des projets miniers existants et annoncés ne suffiront pas à répondre à la demande prévue à l’horizon 2035, laissant entrevoir un déficit potentiel d’environ 40 % si les politiques énergétiques et climatiques actuellement engagées se poursuivent. Cependant le pouvoir ivoirien devra être vigilant sur deux dossiers. Tout d’abord celui des cours du lithium, pour le moment sa production excédentaire comparé à la demande à entraîné la chute de son prix, mais la tendance devrait s’inverser rapidement. Le second point, au-delà du seul champ économique, les autorités ivoiriennes qui ont et vont délivrer les permis d’exploitation devront veiller à l’impact environnemental des projets.
Cependant le chemin est encore long avant que le premier coup de pelle ne soit donné à Rubino ou Agboville mais les perspectives de développement pour le pays sont enthousiasmantes.
Constantine
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