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Il est promoteur culturel. Alfred Koffi Kouakou, plus connu sous le nom de Koffis’Art, est un Suisse d’origine ivoirienne. Il était en Côte d’Ivoire pour organiser la première édition d’un concours de peinture dénommé « Kophisart et talents », afin de valoriser les jeunes artistes-peintres. Au Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara d’Abidjan-Abobo (MuCAT), où le concours se déroulait, nous l’avons rencontré pour une interview. Il donne les raisons qui le font courir.
Vous êtes promoteur du concours de peinture dénommé « Kophisart et talents », qui est à sa première édition…
Oui, au départ, nous avions prévu de sélectionner dix artistes-peintres pour le concours, mais seuls quatre ont répondu à notre appel. Cela dit, dès le début du projet, il ne s’agissait pas uniquement de créer un prix, mais surtout d’accompagner les artistes : les suivre, les encadrer et leur apporter un soutien, même à l’étranger. Étant moi-même artiste-peintre, je sais qu’on ne peut pas sauver tout le monde, mais ceux qui sont là aujourd’hui, nous allons vraiment les accompagner. Mon objectif principal est de valoriser les talents ivoiriens sur la scène internationale, notamment à travers les galeries, les foires d’art et les musées.
Comment comptez-vous encadrer ces jeunes talents ?
Notre structure existe officiellement depuis les années 2000, avec un registre de commerce. Actuellement, nous sommes en train de mettre en place tout l’aspect administratif. L’idée est de garder ces quatre jeunes comme des artistes de mon écurie, un peu comme dans une galerie qui représente ses créateurs. Cela me permettra de les suivre de près et, avec le temps, éventuellement, de signer des contrats avec eux.
Que vont devenir les quatre tableaux que ces quatre jeunes ont réalisés ?
Pour l’instant, rien n’est définitivement arrêté. Avec mon collaborateur du Musée MuCAT, nous avons convenu de les conserver sur place. Il est même prévu qu’ils soient exposés dans la cour du musée afin que les visiteurs de passage puissent les découvrir. Peut-être que cela suscitera de l’intérêt, pourquoi pas. Pour le moment, nous observons.
Quelles opportunités offre la Suisse, où vous vivez, à ces jeunes artistes ?
Je tiens à préciser que ce n’est pas la Suisse en tant que pays qui agit directement, mais bien moi, à titre personnel. J’ai pris l’initiative d’aider mes frères ivoiriens. Ayant déjà réalisé des expositions personnelles en Suisse, je souhaite créer des ponts : établir des liens avec d’autres artistes, voire avec des institutions, rechercher des financements et monter des projets qui permettront à ces jeunes de se faire connaître.
Je constate aussi qu’en Côte d’Ivoire, ce sont souvent les mêmes artistes-peintres qui sont mis en avant. Mon ambition est donc de donner une chance à d’autres talents de se révéler.
Êtes-vous satisfait de cette première édition du « Kophisart et talents », dont vous êtes le promoteur ?
Plus que satisfait. Avoir aujourd’hui M. Henri N’Koumo, directeur des Arts plastiques et visuels du ministère de la Culture et de la Francophonie de mon pays, la Côte d’Ivoire, c’est une immense fierté pour moi. C’est comme recevoir un trophée. Je remercie également toute l’équipe du Musée MuCAT (Ndlr : Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara), sa directrice ainsi que tous ses collaborateurs qui m’ont soutenu. Franchement, je ne peux que dire merci à Dieu.
Quelles perspectives pour les prochaines éditions ?
Notre priorité sera de toucher davantage les autorités afin d’obtenir leur accompagnement. Pour cette première édition, tout a été financé sur fonds propres. Mais pour les prochaines, nous aurons vraiment besoin de soutien, qu’il soit financier ou en communication, afin de faire grandir l’événement et de lui donner une envergure encore plus importante dans les années à venir.
Mamadou Ouattara
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