Dans son ouvrage intitulé « Le crépuscule de l’État employeur. Crise de l’emploi en Côte d’Ivoire : Comprendre, Agir, Transformer », publié en juillet 2025 aux éditions ICN–Idéal COM NET, le journaliste et fondateur du quotidien Le Bélier, Michel Beta, propose une analyse approfondie du marché du travail ivoirien. En 155 pages réparties en 18 chapitres, il dresse un diagnostic sans concession d’un système qu’il juge verrouillé et en perte de repères.
L’auteur soutient que les difficultés d’accès à l’emploi ne relèvent pas uniquement du manque de qualifications. Il met en lumière l’existence de « murs invisibles » que ni les diplômes ni le mérite ne permettent toujours de franchir. Selon lui, ces obstacles prennent la forme de discriminations silencieuses, qu’elles soient ethniques, de genre ou liées à l’âge. Il cite des phrases rapportées du terrain telles que : « Nous ne voulons pas de telle ou telle ethnie », « Nous préférons un homme » ou encore « Elle est trop âgée pour ce poste », autant de manifestations, dit-il, de pratiques encore trop répandues.
Michel Beta dénonce également un modèle historique où l’État a longtemps été perçu comme l’employeur principal, voire unique, garantissant la stabilité et la respectabilité professionnelle. Pour lui, cette conception, alimentée par la centralité des concours administratifs — devenus de véritables « graals » — a nourri des attentes disproportionnées et généré de profondes frustrations. Il considère ce modèle comme arrivé à bout de souffle, et plaide pour une transformation du rôle de l’État, qu’il imagine davantage comme facilitateur, régulateur et incubateur d’initiatives que comme pourvoyeur direct d’emplois.
L’auteur s’attarde aussi sur les limites de l’École ivoirienne, qu’il accuse de produire essentiellement des demandeurs d’emploi plutôt que des créateurs de valeur. Il critique des enseignements parfois déconnectés des réalités économiques et des besoins nationaux.
L’ouvrage est préfacé par Soro Gninagafol, directeur général de la Fonction publique de Côte d’Ivoire, ce qui lui confère une légitimité institutionnelle supplémentaire.
La couverture du livre, d’un bleu ciel, représente une carte de la Côte d’Ivoire aux couleurs nationales, surplombée d’une foule de jeunes scrutant l’horizon, symbole des attentes et des incertitudes de la jeunesse face au marché du travail.
Mamadou Ouattara
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